Tuberculose 1914/1918

Affiche aigleAu début de la guerre, le Pr Chauffard affirme : « L’air des tranchées associé à la vie active sous les intempéries constitue la meilleure des cures de santé . »Il s’agit alors de « récupérer » un maximum d’hommes qui avaient été réformés pour les envoyer au front. Peu importe leur état de santé. De toute façon, le diagnostic ne peut être établi que par analyse bactériologique des expectorations ou radioscopie. Or, ces examens sont rarement pratiqués par faute de moyens et de temps. C’est donc sur la base de l’auscultation que les décisions sont prises; moyen de diagnostic absolument pas fiable, qui peut amener à nommer bronchite banale une tuberculose.

Les symptômes peuvent être discrets ou importants, fièvre, altération de l’état général, amaigrissement, difficultés respiratoires; l’évolution peut se faire vers la pneumonie et  des cavernes, des affections osseuses aux douleurs intolérables, des affections organiques y compris au cerveau. La contagion se fait par voie aérienne, toux et expectorations.

L’état des soldats malades incorporés s’aggrave au front et le bacille circule…Ces soldats sont inutiles et grèvent le moral des troupes. Un soldat se verra passer en conseil de guerre pour n’avoir pu participer à un assaut, trop épuisé, emprisonné puis renvoyé au front, réformé puis renvoyé en première ligne…Hospitalisés, ces malades sont mal acceptés d’une partie du corps médical, ils « volent »un lit aux blessés, seuls dignes de considération ! Ils sont souvent expulsés.

Le résultat de leur passage devant la commission de réforme était bien aléatoire. Les membres de cette commission étaient pris entre deux feux; d’une part, il ne fallait pas être taxé de laxisme(il fallait rester dans les limites des bases statistiques sous peine d’être envoyé sur un poste de secours avancé)ni incorporer des tuberculeux.

Il existait 2 catégories de réforme:

-réforme n°1: maladie contractée en service commandé, réformé avec pension. Mais il y avait alors une enquête très longue « au pays »pour prouver que la personne n’était pas malade avant son incorporation ; certains sont morts avant leur réforme… !

-réforme n°2:soldats incorporés déjà malades; pourquoi alors les avoir incorporés et ne pas reconnaître leur aggravation ? Ils ne peuvent prétendre à une pension. Si un réformé  renonce à sa pension, il est renvoyé chez lui.

Rien n’est prévu pour les cas les plus graves, ils sont inutiles et dangereux; ils sont hospitalisés au milieu des blessés, des gazés…Ils doivent cicatriser en 1 à 3 mois (1 au bon air de Biarritz!)avant de retourner au front. Ils n’ont pas droit aux prothèses dentaires, ce qui pourtant leur permettrait une bonne assimilation des aliments, indispensable à l’amélioration de leur état de santé. En 1916 sont créés des établissements spécialisés: des stations sanitaires servant à l’éducation à l’hygiène pour limiter la contagion et des hôpitaux sanitaires pour traiter les plus atteints. Mais le traitement  était limité à héliothérapie et très vite les malades se sont retrouvés mélangés. Les locaux achetés pour faire office de sanatorium sont le plus souvent inadaptés, inconfortables car la population qui a peur de la proximité de ces malades s’oppose aux ventes ou aux locations.

Certains locaux ont peu de chauffage, pas d’eau chaude, d’autres pas d’eau du affiche-tuberculosetout…l’évacuation des eaux usées se fait dans la rivière, les déchets avec les poubelles, le linge et la literie sont lavés à la ville voisine….Les malades veulent s’enfuir, ils n’ont plus rien à perdre alors ils sortent, boivent dans les bars, côtoient des femmes…certains font venir leur famille à proximité et dorment tous les soirs dehors.

Seule les médecins ont quelque autorité sur eux en menaçant d’isolement en chambre fermée, mise au régime ou encore établissement d’un certificat de guérison et renvoi au front.Dans ce contexte, les autorités médicales ont redouté une flambée épidémique de la tuberculose et celle-ci n’a pas eu lieu. De 180 cas mortels pour cent mille habitants en 1913,le nombre est passé à 203 en fin de guerre pour amorcer sa courbe descendante dans les années suivantes.

 

Bibliographie:La grande guerre des soldats tuberculeux

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