Mandrin : Les Contrebandiers de Messanges.

 

logo mandrin final Quel  dommage que Louis Mandrin le plus célèbre contrebandier du XVIIIème siècle, ne soit jamais passé par les prisons de Dax pour délivrer quelques pauvres habitants de Messanges  injustement accusés de contrebande!!  Seulement voilà, Mandrin était mort depuis longtemps lorsque cet incident survint.1

Voici leur histoire rapportée par le cahier des doléances de  Messanges.

« … Quelques  pauvres particuliers de la paroisse de Messanges convinrent d’aller à Bayonne pour y acheter quelques guenilles. Ils partirent à pied…  le long des flots de la mer pour éviter les sables; lorsqu’ils furent parvenus à l’embouchure de l’Adour, ils rencontrèrent une trentaine d’employés(de la Ferme) qui étoient embusqués…. ils se prirent à fuir de toutes leurs forces. … ils furent bientôt rejoints par les employés  qui les excédèrent de coups, les garrottèrent, les traînèrent à Dax dans les prisons. Ils prétendirent que ces misérables formoient partie d’environ cinquante  contrebandiers… »

L’embouchure de l’Adour à cette époque marquait la frontière avec la France où les marchandises en particulier le tabac était imposé et Bayonne ville étrangère. Les employés de la Ferme très zélés y attendaient  toute personne  qui pouvait ressembler à des contrebandiers… Pas de chance pour nos Messangeots. Trois d’entre eux  restèrent plus d’un an dans la prison de Dax, d’autres furent sous le coup d’un décret. Finalement le tribunal  les  relaxèrent avec 800 livres de dommages-intérêt.2

Il apparaît à travers cette affaire que la « Ferme » institution chargée des impôts indirects était détestée dans tous le pays. Les abus de cette administration royale favorisèrent la contrebande  du tabac dans la région. En effet, le peuple se plaignait de la mauvaise qualité du tabac:

« … les détaillistes, en lui vendant une livre de tabac, lui vendent l’eau avec, et le poids est à peu de chose près égal à celui du bon tabac ; dés lors, il est necessité à se procurer du faux tabac… »

La contrebande du tabac très active le long de la côte poussait les contrebandiers à se regrouper pour faire face aux agents de la Ferme qui y patrouillaient : « … à Moliets 60 habitants de Léon, Messanges et Moliets qui attendent un arrivage de tabac les assaillent. Les employés de la Ferme  utilisent leurs armes et parviennent à repousser ce collectif de contrebandiers. »

Les prix du tabac de contrebande était attractif pour le public.Pour du tabac de bonne qualité, à l’époque de Mandrin, le prix officiel était de 5 livres et de seulement 50 sols en contrebande !   Il s’agissait surtout de tabac à priser et à chiquer. Celui pour priser était livré en « carotte » pressé et ficelé que l’usager râpait lui-même avec une petite râpe en buis ou en ivoire. Le tabac à chiquer était vendu en « rôle » en forme de saucisson.3

 4A la Révolution avec la dissolution des « fermiers généraux » et la création des douanes ces abus criants cessèrent, quant à la contrebande …

 

 

Sources: cahier des doléances de Messanges; Vieux Boucau,de sable et d’eau,P Traimond et J-J Taillentou,atlantica, 2005;  images internet.

 

 

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