LE JOUR DU MARIAGE :

retour égliseLe jour de la noce, de bon matin chez mariée, tout le monde est affairé : les cuisinières sont aux fourneaux, on prépare les tables et les bancs pour les invités du repas du matin. Les demoiselles d’honneur enguirlandent la porte d’entrée, les garçons décorent les »bros ».

mariéeLes donzelles habillent la jeune mariée, elle porte généralement une robe bleue, marron ou rouge ceinturée de blanc et des sabots aux clous dorés. Puis, le père couronnait de fleur d’oranger la tête de sa fille et la bénissait.

C’était généralement le parrain et la marraine qui offraient la robe de la mariée, les grands-mères marquaient au point de croix sur le trousseau, les initiales de la jeune fille.

Chez le marié, les donzellons, garçons d’honneur, l’aident à revêtir son costume du dimanche. Les cuisinières préparent le déjeuner du matin et le repas de noce qui se tient le plus souvent là où vont résider les jeunes époux.

Les premiers invités arrivent pour le repas du matin. Ce déjeuner consistait souvent en « tripes d’oulhe » et en cotelettes de brebis, arrosé de vin de sable.

Les dialogues chantés entre les parents et les invités sont très savoureux :

« Minyat, bébiat, lous estranyés, (étrangers, mangez et buvez)

Non s’anem pas maudise aprés.  (Et n’allez pas ensuite médire de nous.)

Qu’ém anats dap nau mules au mouli, (nous sommes allés au moulin avec neuf mules)

Minyat, bebiat dinc’au mati » (mangez et buvez jusqu’à demain matin.)

Flattés, les invités répondent :

« aqueste taule ba fort plaa (cette table est fort bien servie)

per esta taule de paysaa . (Pour une table de paysan)

espiat-le plaa débat, dessus, (regardez-la en dessous  et en dessus)

Semble esta taule de moussus; (on dirait une table de messieurs,)

espiat-le de loung, de trabés, (examinez-la en long et en travers,)

semble esta taule de curés. » (On dirait une table de curé.)

Après le repas du matin, on partait en cortège à la mairie et à l’église, à pied ou en charrette, selon la distance. Les musiciens en tête, suivis par la mariée au bras de son père, les donzelles et donzellons, le père du marié au bras de la mère de la mariée, et en clôture le marié et sa mère.

La messe :

Dix heures est l’heure appropriée pour la bénédiction nuptiale et la messe, si la jeune fille est couronnée de fleurs d’orangers.

Le jeune homme encadré de son parrain et de sa marraine entre le premier dans l’église, suivis de la jeune fille dans le même cérémonial, puis la famille et les invités.

Le prêtre recevait la promesse des fiancés et les bénissait, une messe suivait la bénédiction nuptiale au cours de laquelle, souvent, les hommes préféraient aller à l’auberge.

La sortie de la messe attire les curieux, les amis leur jettent des fleurs ou du riz ou des confettis. Les musiciens, les mariés, les enfants de chœur et toute la noce font le tour du bourg et s’arrêtent dans les bistros où l’on trinque à la santé des nouveaux époux. A la fin, le cortège se dirige vers le lieu où se passe le repas de noce, chez les parents du marié, le plus souvent.

Avant d’entrer dans la maison, sur le seuil, il y avait la Cérémonie du pardon :pardon

Les époux, à genoux sur deux chaises, entourés de leurs parrains et marraines déclaraient :

« Que demandi perdoun à papa, à mama, à pipin,

à mimie, à payrin, à mayrie e à toute la coumpanie. »

(Je demande pardon à papa, à maman, à grand’père, à grand’mère, à parrain, à marraine et à tout la compagnie)

Après quoi, les invités  » étrennent » les époux en déposant une pièce dans un plat tenu par les parrains et embrassent les mariés. Alors seulement, le père les introduisait solennellement dans la maison.

Le repas :

Il pouvait durer des heures, les cuisinières portaient les plats en chantant : le bouillon, le bouilli, l’entrée, le rôti, le dessert, le café, le pousse-café… Entre les plats on chante des mélopées traditionnelles, en frappant du pied sur le sol et des deux mains sur la table.

Le rôle du « cassecan » est important, il veille à ce que personne ne manque de vin. Si le vin venait à manquer, pas de réclamations, on couche la bouteille vide sur la table, pour l’avertir !

Au dessert, parfois les jeunes gens promènent le gâteau et demandent l’étrenne. Il en allait de même pour tirer au sort la jarretière de la mariée.

La soirée et la nuit se passe à danser le rondeau et à chanter au son de la « bouhe » (cornemuse), de la flûte ou de l’accordéon.

rondeau

La roste:

la rosteUne heure après le coucher des mariés, les jeunes font irruption dans la chambre des mariés. Ils plaisantent : » Portons la roste aux époux, nous allons voir s’ils sont joyeux, ouvrez, ouvrez, ». « La roste » consistait à faire manger aux jeunes époux une rôtie de pain trempé dans du vin sucré, servie un pot de chambre. Cette tradition était censée redonner force et vigueur aux époux une fois la nuit de noce achevée.

 

 

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